COVID-19 : 8 millards d’euros pour la filière automobile

Avec 900 000 emplois directs et induits (soit 9 % de la population active), la filière automobile représente 18 % du chiffre d’affaires de l’industrie française. Un secteur clé qui paye un lourd tribut à la crise sanitaire : - 72 % de ventes de véhicules neufs au mois de mars et - 88,8 % en avril. C’est un stock de 4 mois de production qui attend preneur dans les usines et les concessions, sachant que le marché de l'occasion est lui aussi très fourni. Face à une telle situation, le Président de la République a annoncé mardi 26 mai, un plan pour soutenir le secteur, qui mobilisera 8 Mds €, à partir du 1er juin.

2 juin 2020

Une double ambition : leader en véhicules électriques/hybrides et « made in France »

L’ambition est claire : "faire de la France la première nation productrice de véhicules propres en Europe en portant à plus d'un million par an sous cinq ans la production de véhicules électriques, hybrides rechargeables ou hybrides" dans le pays.

Un prêt de 5 Mds € garanti par l’Etat a été promis à Renault, mais avec un certain nombre de contreparties : des garanties sur le devenir des salariés, un plan d’économies de 2 Mds €, triplement de sa production de véhicules électriques d’ici 2022 et son quadruplement d’ici 2024.

Quant au groupe PSA, il s'est engagé à produire en France 450 000 véhicules hybrides et électriques. Par ailleurs, le groupe sera partie prenante du projet européen « Airbus des Batteries »
aux côtés de Renault et du groupe Saft.

Pour accompagner sa transition vers le moteur électrique, la France, à ce jour dotée d’un peu moins de 30 000 bornes de recharge, devra être en mesure d’en proposer 100 000 d’ici à fin 2021. Un fonds de mutualisation sera créé pour encourager l'installation de bornes dans les copropriétés.

Dans l’immédiat : relancer les ventes pour écouler les stocks

A très court terme, il s’agit aussi de donner un coup de fouet aux ventes de véhicules neufs. Déjà, les concessions réouvertes depuis le 11 mai, proposent des conditions tarifaires alléchantes. Les annonces présidentielles viennent en renfort pour inciter les français à acquérir un véhicule neuf, de préférence électrique.

Le bonus écologique pour les véhicules électriques

Que ce soit pour les particuliers ou pour les entreprises et collectivités, le bonus écologique sera plus généreux que prévu début 2020, pour qui achètera un véhicule électrique.

bonus2020

Les hybrides rechargeables aussi !

Les véhicules hybrides rechargeables ne seront pas en reste puisqu’ils bénéficieront eux aussi (sous réserve d’une autonomie supérieure à 50 km et d’un prix inférieur à 50 000 €) d’une aide de 2 000 €.

La prime à la conversion

Pour absorber les stocks mais aussi pour rajeunir le parc automobile français, le dispositif de prime à la conversion sera renforcé. L’objectif est d’inciter à acheter un véhicule neuf – de préférence électrique – contre la mise au rebut d’un véhicule Crit'Air 3, Crit'Air 4 ou Crit'Air 5 (véhicule Essence immatriculé avant le 1er janvier 2006, véhicule Diesel immatriculé avant le 1er janvier 2011).

Ainsi, le dispositif prévoit : "un particulier qui met au rebut son véhicule polluant diesel ou essence" recevra une aide de 3 000 €, augmentée à 5 000 € en cas d'achat d'un véhicule électrique ».

Cette offre sera cependant limitée aux 200 000 premiers véhicules vendus, et elle s’appliquera aux ménages dont le revenu fiscal de référence est inférieur à 18 000 € nets.

Les français se laisseront-ils tenter par ces incitations ? Certes, promotions et primes peuvent être attrayantes, mais certains économistes émettent un bémol : le moral des français à l’issue de cette crise ne risque-t-il pas de les inciter davantage à épargner plutôt qu’à se lancer dans des dépenses importantes ? A suivre donc…